billet auteur dramatique : LAURA PELERINS, UNE AUTEURE ETOILE

billet auteur dramatique : LAURA PELERINS, UNE AUTEURE ETOILE
Auteur, comédienne, et metteur en scène, Laura Pelerins a un parcours assez éclectique. Elle fait des études de piano, danse, chant, violoncelle, contrebasse, et bien sûr, théâtre, sans oublier, sur le plan théorique, une maîtrise de cinéma, une maîtrise de théâtre, et un Deug de hongrois, à Paris III et un cursus de philosophie à Paris I.

Elle vient de terminer l'écriture de DANS LA BOITE-CENSURé, qui a reçu l'aide à l'écriture de la Fondation Beaumarchais/SACD, et une mention spéciale du Comité de lecture de Fontenay Sous Bois. Elle prépare maintenant la mise en scène de ce spectacle, dont quelques extraits seront bientôt en ligne.

Elle a écrit un article à paraître dans le journal de la SACD-Entractes sur les rencontres internationales de la Sala Beckett, résidence d'écriture paneuropéenne qui lui a inspiré sa nouvelle pièce, THE NAKED MAN OF BARCELONA.

L'EUROPE C'EST MOI/ EUROPA SOC JO, pièce courte écrite à la demande de la Sala Beckett, est créée en juillet 2009 en catalan sous la direction de Thomas Sauerteig avec les acteurs de la compagnie résidente de l'Obrador D'Estiu dans le cadre du Festival GREC de Barcelone, sur le thème « La Fin de l'Europe ? ».

Dans ses différentes pièces, une obsession se fait jour. L'écriture se place dans l'optique de la mémoire. Ecrire, c'est se souvenir. Ne pas trahir. Pas se trahir. La mémoire devient alors matière brute, glaise, à malaxer, à façonner et re-créer, devenant par là-même matière théâtrale en se détachant d'un art purement exutoire. La violence également, est omniprésente, qui se retrouve dans l'utilisation de la langue comme une arme, comme un rythme, une recherche des sonorités, pour créer cette urgence. Urgence à vivre, à exister, donc, à écrire.

Laura s'apprête à reprendre SI JE PARS, pièce en chansons, qu'elle a créée dans le cadre d'une résidence artistique au Cabartbey.

Quelques titres d'autres pièces : SCENES DE LA VIE FAMILIALE, LES APATRIDES, I REALLY THOUGHT...(HE WAS GONNA LEAVE HER), N'HABITE PLUS A L'ADRESSE INDIQUEE. Quelques scenarii, dont LE NOUVEAU MESSIE, moyen métrage, et L'HOMME ET LE CHIEN, court métrage, Prix Kieslowski 2000 sur le thème de l'éducation, diffusé sur France 5 et dans les cinémas MK2. Des comédies musicales : NINA ET LA FEE, VIE d'ORDURE.

En tant qu'actrice, elle travaille régulièrement au théâtre avec la Compagnie Infuenscènes. SUBLIM'INTERIM (Louise Doutreligne, mes Jean-Luc Paliès), CA TRAVAILLE ENCORE-CABARET, et plusieurs lectures au Théâtre du Rond-Point, et théâtres de Saint-Maur et de Fontenay Sous Bois dans le cadre des EAT (Ecrivains Associés du Théâtre), sur des textes d'Elie Pressmann, Juan Mayorga, Anne Berelowich, Alfred de Musset... Elle a joué entre autres, dans de nombreuses pièces classiques (Les Fourberies de Scapin, L'Avare, Le Mariage de Figaro, Le Médecin malgré lui...) Au cinéma, elle a tourné avec Fatmir Koçi, Paul Clément, Valérie Roumanoff, Nicolas Paturle, Valérie Montag...

Par ailleurs, elle vient d'entamer une collaboration artistique avec Akogare productions : elle joue dans le film BLACKBLOODED, de Matt Oliver Row, qui la dirigera de nouveau dans la bande annonce de DANS LA BOITE-CENSURé.
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# Posté le samedi 31 octobre 2009 20:03

ma prochaine publication : FABIUS BARTOLOZA

ma prochaine publication : FABIUS BARTOLOZA
FABIUS BARTOLOZA/l'homme qui courait avec un coup de fusil dans la tête.

Ecrit sous la forme d'une fable pondue par un clochard miné par le froid et la solitude au coeur de Pigalle, ce texte fait se mêler sans pathos le merveilleux caustique et la réalité cocasse d'une ville concassée par la guerre et la vacuité. Il est entrecoupé de récits courts et vifs, proches du comique satirique, qui nous font embarquer dans un voyage jusqu'aux confins des mondes fumants. Des imaginaires qui titillent notre sensibilité, ravivent notre mémoire collective et nous renvoient en gros plans nos congolités les plus virulentes.

En plus des morts que cette guerre a parsemés sur les routes et dans les tranchées il y a aussi les déplacés, ceux-là qui ont réussi à se faire la malle, mais qui vivent dans la tourmente et la peur, malgré le temps qui a passé. C'est à ceux-là que l'auteur donne la parole pour nous faire resurgir des tranches de vie foulées aux pieds, rangées aux oubliettes ou réinventées sur le chemin. Ce texte nous révèle nos itinérances tachées de sang, nos destins ratés, nos espoirs tenaces.

A travers les mots et les sueurs du personnage, Fabius Bartoloza, l'auteur essaie de retracer l'univers mental et le parcours embroussaillé de ces centaines de milliers de créatures écartelées qui s'enfuyaient partout à bras le corps. Entre le tissu narratif et la matière théâtrale formée de personnages animaliers ou humains, la parole de Fabius nous brandit des êtres entraînés dans un jeu de contraires absolus et inextricable : la vie et la mort, le passé et le futur, la ville et la forêt, le jour et la nuit, la guerre et la paix, le malheur et la joie...

La pièce
Fabius Bartoloza se voyait jusque-là comme un garde du corps chanceux. Son boulot consistait à talonner matin et soir la jeune épouse du camarade Dian Daya, ministre et député de la nation. Mais lorsque la guerre éclate, un dimanche soir, il se retrouve inopinément au mauvais endroit : coincé dans les chiottes d'un bar à putes alors que les kalaches salivaient dehors. Pendant trois jours et trois nuits sans eau et sans sommeil, il fera l'apprentissage d'une solitude dont il n'avait jamais de sa vie soupçonné, celle des gens qui voient venir la mort à grandes pompes, visages en sueurs et en larmes. Profitant d'une accalmie sommaire, il se jette dehors et se faufile à travers les caniveaux jonchés de cadavres et de feuilles mortes puis s'engouffre à corps perdu dans un égout et se met à courir de toutes ses forces. Commence alors un long voyage sous la ville, pendant lequel il verra surgir un monde ténébreux où se côtoient rats et clochards, cafards et chauves-souris, déserteurs et roublards, lutins et grognards. Un monde parallèle qui rampe sous le béton. Un univers peuplé de créatures flotantes et géantes qui le mènera jusqu'au c½ur de Yongolo, la fameuse forêt aux fromagers qui chantent en latin.

Note de l'auteur
Cette guerre, celle surveue au Congo Brazzaville entre 1997 et 1998, a été une sottise. Nous avons saccagé. Nous avons dévasté. Nous avons écrasé. Dix ans, après les marques sont encore là. Têtues. Ma douleur est si lourde. Je n'ai pas pu fermer ma gueule ni me broder le toupet de mettre une croix sur ces milliers de corps qui jonchent encore le paillasson de la république. On m'a dit de fermer les yeux, de passer ma voie, de faire comme les autres : avaler quatre bouteilles de Ngok et oublier. Dieu, avec quelles ficelles aurais-je pu me coudre une lâcheté aussi fumante devant la montagne de cadavres largués comme des chenilles sur le trottoir ? Comment aurais-je continué à bouffer comme si de rien n'était ? Des gens sont morts pour rien et d'autres ont disparu. Je me le demande encore : comment notre Congo est-il arrivé à nous pondre une bourde aussi monumentale en si peu de temps ?Ce texte est conçu comme un îlot d'espoir. Fabius Bartoloza est la preuve qu'une autre vie nous est possible. Il suffit d'y croire, d'y mettre sa touche et se remettre en route. La nuit est longue, encore longue, mais l'aube n'est déjà plus si loin...

Au départ j'ai voulu écrire une satire, voyez, une sorte de coup de gueule fumeux dans les fesses de la république. Je me suis ravisé. On aurait pris mes paroles pour un papotage hystérique. J'ai finalement choisi une fable avec des bouts d'histoires faits d'ombres et de lumières. Des ombres et des lumières traversées d'hommes et de femmes qui essaient de recommencer une nouvelle vie, de renaître du fond du chaos géant d'où ils ont été précipités. Qu'on n'aille pas cependant y chercher la petite bête. C'est peine inutile. J'ai simplement usé de mon droit de conteur : celui qui consiste entre autre à nommer la sottise et la lâcheté. Ce texte est fait de mots sans détours, des mots remués comme des cauris afin qu'ils nous racontent leur part de vérité. Des mots crus et nus de ceux-là qui, chaque nuit, espéraient vivement, du fond des forêts ou des tunnels, la fin des galères. Des mots purs et durs pour susciter un regard neuf sur nous mêmes.
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# Posté le vendredi 23 octobre 2009 03:56

roman polansky : TOT OU TARD CHACUN FINIT PAR REGLER SES CAROTTES

roman polansky : TOT OU TARD CHACUN FINIT PAR REGLER SES CAROTTES
Alors qu'un hommage devait lui être rendu au Festival du cinéma de Zurich, le grand cinéaste Roman Polanski vient d'être arrêté, samedi soir, à sa descente d'avion et placé en détention provisoire, « sous mandat d'arrêt américain ». A l'âge de 76 ans, l'artiste est rattrapé par son histoire. Il y a trente ans, il fut accusé aux Etats-Unis d'avoir eu des relations sexuelles avec une adolescente de 13 ans. Alors qu'elle venait pour une séance photo que Polanski réalisait pour un magazine, la jeune fille a déclaré avoir été victime de viol et droguée avant les faits. Polanski a alors plaidé coupable devant la justice mais en niant la contrainte – donc le viol - et le fait de l'avoir droguée. Il fut arrêté six semaines puis relâché avant la sentence.

Mais Polanski n'a pas attendu le résultat du procès, qu'il estime inéquitable : il fuit alors les Etats-Unis, part pour Londres puis s'installe à Paris. Ces dernières années, le procureur du Comté de Los Angeles avait déjà fait plusieurs tentatives pour exécuter le mandat d'arrêt de 1978, quand Polanski voyageait dans des pays ayant passé un traité d'extradition avec les Etats-Unis. C'est le cas de la Suisse. Et les délits sexuels contre les mineurs sont imprescriptibles aux Etats-Unis et en Suisse. Alors c'est vrai qu'il est troublant que l'arrestation se soit produite au moment de ce Festival de Zurich alors que Polanski possède un chalet en Suisse et y passe une bonne partie de ses vacances. Mais j'avoue ressentir un certain malaise devant la manière dont est traité l'événement. Que des artistes, notamment ceux qui sont proches de Polanski, clament à corps et à cris qu'il doit être relâché me paraît logique et légitime.

Que les Français qui l'aiment soient stupéfaits, en colère et émus, je le comprends tout autant. En revanche, le traitement médiatique épouse sans réserves la défense du cinéaste et banalise du coup le viol sur mineure : la victime, c'est Polanski. Les termes employés sont révélateurs : il est rarement question de viol mais « d'affaire de m½urs », « d'atteinte sexuelle ». Je ne sais évidemment pas ce qui s'est passé mais ce qui est en cause est suffisamment grave pour ne pas être balayé d'un revers de manche. Elle avait 13 ans, il en avait 43 : il est permis d'être sceptique devant l'hypothèse d'un consentement. Et là où je tombe de ma chaise, c'est quand le ministre français de la culture se croit en droit de juger. Pour Frédéric Mitterrand, c'est – je cite - « une histoire ancienne, qui n'a pas vraiment de sens ». Si elle n'en a pas pour le ministre, elle en a en tout cas pour la justice car, des deux côtés de l'Atlantique, le viol est un crime. Mais ces temps-ci, le pouvoir politique prend l'habitude de désigner par avance les coupables et les innocents...

Le ministre s'en prend également à « l'Amérique qui fait peur », celle qui « montre ici son vrai visage ». Rien de moins. Un Internaute commentait hier sur la toile : « le piratage, c'est mal ; le viol, c'est pas grave ». Ce qui est aussi choquant dans ce traitement médiatico-politique, c'est que la défense de Polanski se fait au nom de son talent et de sa notoriété. Frédéric Mitterrand le défend parce qu'il est un « cinéaste de dimension internationale ». La nouvelle directrice générale de l'UNESCO, Irina Bukova, a également déclaré - je cite : « je ne sais pas le détail mais c'est choquant (...) il s'agit d'une personnalité mondialement connue ». Jack Lang veut que « la liberté soit rendue à ce grand créateur européen ». Les artistes célèbres devraient-ils donc échapper aux règles de droit valables pour le commun des mortels ? Nous ferions mieux de questionner les choix politiques sur lesquels reposent le droit et les fonctionnements internationaux de la justice. C'est là que devrait se situer le débat, pour réinterroger ou réaffirmer le bienfondé des règles de l'extradition et de la prescriptibilité des viols sur mineurs. Roman Polanski mérite sans doute un soutien plus musclé, mieux argumenté, qui ne masque pas la gravité des faits en cause.

" Roman Polanski, le viol, la justice et nous (chronique France Culture)"
Source : Le blog de Clementine Autain, 29 sept. 2009
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# Posté le mardi 06 octobre 2009 06:38

Modifié le mardi 06 octobre 2009 07:27