point de vue : la Guinée, cinquante ans d'indépendance et d'enfer, par Tierno Monénembo

point de vue : la Guinée, cinquante ans d'indépendance et d'enfer, par Tierno Monénembo
Encore une fois, l'armée a tiré sur la foule à Conakry ! Les journaux n'en feront pas leurs gros titres : là-bas, du sang dans les rues, ce n'est pas une information, juste une anecdote, pour ne pas dire une manie. Eh bien non, les balles qui crépitent sur le corps de mes compatriotes méritent d'être entendues. Les images des blessés et des morts, les photos des jeunes filles violées méritent d'être vues.

Le drame de mon pays ne doit pas rester sans visage, sans nom, sans sens, sans trace. Il doit gronder, enfler, et se soulever comme les ouragans de chez nous pour réveiller cette satanée "conscience collective" si prompte à se voiler la face et à ronfler dès que l'odeur de la tragédie dépasse certaines frontières. La folie inguérissable de l'économie mondiale, les suicidés des nouvelles technologies, les migraines des stars de la télé-réalité ne doivent plus l'occulter. Je refuse de croire qu'il y a un droit pour les nantis du Nord et un autre pour les gueux du Sud, une information pour la première classe et une autre pour la seconde, comme pour les trains ou les toilettes de l'apartheid.

La Guinée se meurt, le monde a le droit de le savoir, le monde a le devoir de s'en indigner. Les Guinéens méritent la compassion des autres nations. La mondialisation ne doit pas demeurer un vain mot. Et de grâce, ne mondialisons pas que les crises boursières et les gadgets, mondialisons aussi les cris de joie et les larmes ! Je veux que le sang versé le 28 septembre en Guinée fasse pleurer dans les chaumières de France et de Navarre, de Sibérie et d'Alaska, de Taïwan et de Zanzibar ! C'est mon droit de terrestre, c'est mon devoir de vivant, c'est ma foi d'être humain (oh, je sais que dans notre monde postmoderne et ultra- civilisé, il est presque devenu indécent de prononcer ce mot- là !

Oui, la Guinée se meurt, et il y a cinquante ans que cela dure : cinquante ans d'indépendance, cinquante ans d'enfer ! Hier, le fameux camp Boiro où 50 000 personnes (prêtres, marabouts, ingénieurs ou médecins pour la plupart) ont disparu dans les mains du sanguinaire Sékou Touré. Hier, le sinistre général Lansana Conté mort tranquillement dans son lit malgré ses spectaculaires tueries de janvier 2007. Aujourd'hui, Dadis Camara, un anonyme capitaine mais qui, au vu de ce qui se passe en ce moment à Conakry, ne tardera pas à avoir un nom... derrière ceux de Pol Pot, de Bokassa, de Karadzic et de Charles Taylor.

Dadis est un assassin ! Arrivé au pouvoir en décembre 2008 - cette brave armée guinéenne ne commet de coups d'Etat que contre les cadavres, ne connaît de faits de guerre que contre les vieilles femmes et les enfants ! -, "Dadis", comme l'appellent ses compatriotes, avait promis d'organiser des élections et de rejoindre aussitôt sa caserne pour le plus grand bien de l'humanité. Il passe pour un ignare. Il sait néanmoins que les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Son intention de se présenter à la prochaine présidentielle ne fait plus de doute. Ce revirement a soulevé une grande colère chez ses compatriotes. Dans toutes les villes du pays, les Guinéens ont manifesté. Ce lundi 28 septembre, un grand rassemblement devait se tenir sous l'égide des principaux leaders de l'opposition. Il s'est achevé dans un épouvantable bain de sang. On ne saura probablement jamais le bilan réel de ces massacres de septembre, version tropicale : des camions militaires s'empressent de ramasser les cadavres et de les enterrer à la sauvette.

La Guinée est au bord du chaos avec un risque sérieux d'embraser l'ensemble de la région. La communauté internationale doit redoubler sa pression sur la junte criminelle de Conakry. Les propos menaçants, les tergiversations, les belles formules diplomatiques ne sont plus de mise. Ces massacres créent une nouvelle situation sur la base de laquelle tous les discours et tous les actes doivent se fonder dorénavant. Dadis est un assassin ! La Commission internationale ne doit plus fermer les yeux. Elle doit de toute urgence dépêcher une commission d'enquête à Conakry afin d'établir le bilan des victimes, de désigner les coupables et de les traduire devant le TPI de La Haye. En droit, il existe le délit de non-assistance à personne en danger. A quand le délit de non-assistance à peuple en danger ?

Source : Le Monde du 03 octobre 2009
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# Posté le lundi 05 octobre 2009 16:38

une conteuse burkinabé à découvrir : MARIAM KONE

une conteuse burkinabé à découvrir : MARIAM KONE
Mariam Koné fait partie de ce cercle, hélas trop restreint, d'artistes africaines qui portent haut la culture de leur pays chez elles et sur les scènes internationales, sans oublier d'ouvrir la porte pour leurs jeunes s½urs. Les contes coulent de sa bouche, portés par sa voix chaleureuse et une belle générosité. Après s'être formée seule, elle a suivi des stages auprès de Albert Bilgo, Françoise Diep, Pierre Rosat et Jihad Darwiche. cette femme passionnée sait nous communiquer son amour pour le pays San (région du nord ouest du Burkina-Faso) dont elle est issue et son désir de promouvoir la femme, au travers d'une exigence artistique rare qui l'a menée à explorer divers outils d'expression : elle a ainsi fondé une Compagnie Théâtrale basée à Ouagadougou, un festival de l'oralité dans sa région (le festival Anséko), travaillé pour la télévision et le cinéma dans Kady Jolie, Taxi Brousse, écrit un recueil de contes (Landolo et le grand caïlcédrat, éd. l'Harmattan), et elle anime depuis plusieurs années un atelier de contes pour des femmes burkinabè.
À celui qui l'écoute, elle ouvre tout un monde ... ». Françoise Diep

"Le conte, c'est une parole riche qui nourrit de la naissance à la fin de la vie, mais économe aussi puisqu'elle n'a besoin que du véhicule des oreilles pour se transmettre et fleurir". "Ce que l'enfant a appris, sa barbe blanche le retrouvera". "Qui possède la parole ,'est jamais pauvre"

Son spectacle: "Loin, loin aux confins de la savane"
Du pays San, Mariam nous raporte l'origine des contes, l'histoire d'un Prince et de son ami, et celle d'un dénommé "Boul". Elle nous parle aussi d'un festin chez les singes et de la façon dont els femmes san ont acquius leur part de pouvoir....C'est tout un monde qu'on découvre ainsi!
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# Posté le lundi 05 octobre 2009 16:29

telle paire, tel fils à coudre : ALI BONGO SUR LES TRACHES DE CHON PAIRE

telle paire, tel fils à coudre : ALI BONGO SUR LES TRACHES DE CHON PAIRE
Il ne sera plus seulement connu comme le fils de. Ali Ben Bongo, le fils aîné du défunt Omar Bongo, vient d'être élu président du Gabon. Un couronnement à 50 ans pour un héritier qui n'a jamais vraiment été adoubé par son puissant père.

Ali Bongo, né Alain-Bernard Bongo en 1959 à Brazzaville, a fait ses études en France. Il connaît une jeunesse dorée, fait des études de droit à la Sorbonne, à Paris, avant de revenir au Gabon.

Converti à l'islam

Son père gouverne le pays depuis 1967, mais ce n'est qu'en 1982 qu'Omar Bongo décide de faire entrer son fils en politique, en le nommant au cabinet présidentiel. Dans la foulée, Alain-Bernard Bongo se convertit à l'islam, comme son père l'avait fait en 1973, et devient Ali Ben Bongo. Il s'inscrit au Parti démocratique du Gabon (PDG), et commence à se faire un prénom, à l'ombre de son père. Pendant huit ans, il oeuvre au sein du parti et milite même pour le multipartisme, alors que le PDG règne en maître sur le Gabon.

En 1990, le pays connaît de graves troubles et la France intervient pour ramener l'ordre. Alors que d'autres voix politiques commencent à se faire entendre, et que le multipartisme commence à s'installer, Omar Bongo décide de faire avancer un peu plus la carrière de son fils en le nommant ministre des Affaires étrangères. Mais le parachutage ne passe pas, et des cadres du PDG font voter une loi instaurant l'âge minimum des ministres à 35 ans. Ali Bongo n'a que 30 ans et se voit contraint à la démission.

Propriétaire d'un appartement avenue Foch

Ce n'est qu'en 1999 qu'il entrera à nouveau dans le gouvernement de son père, cette fois en tant que ministre de la Défense. Une poste qu'il occupera jusqu'à la mort d'Omar Bongo en juin dernier. Pendant dix ans, Ali Bongo fait son trou, occupe le terrain, mais reste relativement discret. Son nom apparaît dans les journaux français dans les enquêtes sur les nombreux biens que le clan Bongo possède à l'étranger. Ali Bongo serait en effet propriétaire d'un appartement avenue Foch, à Paris, et de deux Ferrari.

Sur la scène politique «Baby Zeus», comme il est surnommé, sait jouer de ses réseaux et de ceux de son père pour écarter ses rivaux.

Un homme qui se tient loin du peuple

Mais pour les Gabonais, il a surtout l'image d'un homme qui se tient loin du peuple. Pire, certains le perçoivent même comme un étranger: sa jeunesse en France et sa maîtrise parfaite du français ne jouent pas en sa faveur, d'autant qu'il ne parle pas les langues locales de son pays.

De sa vie privée, on sait juste qu'il a divorcé d'une Américaine, Inge Collins, et qu'il est, depuis 2000, marié à Sylvie Valentin, la fille d'un assureur français vivant à Libreville. Et que vive la FRANCHE !

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# Posté le jeudi 03 septembre 2009 09:15

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 18:24