MEMOIRES D'OUTRE BEACH ou l'histoire d'une impasse sociale & politique

MEMOIRES D'OUTRE BEACH ou l'histoire d'une impasse sociale & politique
Mémoires d'Outre Beach, d'aucuns se demandent ce que ça vient faire là dedans !...C'est un receuil de nouvelles écrites sous forme de monologue version drame comique il y a deux ans à la suite de ces fameux ratages - tristement fameux il faut le dire - du procés des disparus du beach en 2005. Eh oui, un vrai ratage monumental, puisque la verité que tout le monde attendait n'a pas jailli. Au contraire, ils nous ont versé sur la tronche un fleuve de salive sterile : des temoignges incongrus les uns après les autres, des balivernes, des contes à vomir assis - et tout ça en direct de la télé nationale - quelle honte !

Alors, il fallait faire quelque chose : dire les choses telles qu'elles se sont passées. La verité est dans la bouche de ceux qui ont vècu cette chose si sordide - cette épuration ethnique - beaucoup sont morts certes, beaucoup vivent encore : disséminès dans le monde. Vivant avec leur drame, essayant malgré tout d'oublier e qu'il convient d'appeler la sottise congolaise.

Faire quelque chose, c'est à dire, prendre position, parler de qui n'a pas été dit,. de ce que les autres n'ont pas osé dire, trop contents de crouler les dames et la biere.

Mèmoires d'Outre Beach, c'est aussi des temoignages vivants - de ceux qui étaient là ce jour là - des images oubliées, bref un materiau qui vient dire sa part de verité.

# Posté le samedi 30 juin 2007 05:25

Modifié le samedi 30 juin 2007 05:45

MEMOIRES D'OUTRE BEACH - chapitre 1 - suite

MEMOIRES D'OUTRE BEACH - chapitre 1 - suite
Ma bouche est ouverte, aucun son, aucun mot n'ose défoncer les plis de mes lèvres. Le fusil est là, pointé sur mon nombril. Je respire de plus en plus vite, c'est la peur, la peur de partir en morceaux, comme les autres, comme tous les autres qui avaient cru ce matin qu'ils allaient entrer chez eux enfin, ces autres qui ont cru que leur exil forcé allait pouvoir terminer,

Terminer ?

C'était sans compter avec ses berets rouges qui grouillaient comme de chiens affamées, la gueule et les dents dehors, le fusil pret à cracher...

Je veux parler. Ne parle pas, me crie une femme. Tu en souffriras. En souffrira ? grince un type dans un coin, il n'en souffrira pas, il n'aura pas le temps de souffrir. Très vite je comprends ce qu'il veut dire, alors je me tais. Mais une voix, une toute petite voix, je ne pas, ça devait etre celle de mon père, cette voix me dit vas - y parle, sinon nous serions mort pour rien, vas - y !

Alors je me mets à parler, tant pis pour le kalachnikoc pointé sur ma gueule :

Nous étions deux cent cinquante trois ce matin là. Chacun ruminait dans son coin ses malheurs, y en avaient qui pleuraient leurs morts, d'autres qui comptaient le nombre de gosses qu'ils venaient de perdre. Chacun faisait ses comptes, tout doucement, là dans son coin.

Dieu nous était témoin, dieu et les oiseaux qui s'amusaient à voler au dessus de nos tetes, dieu et ses buissons dans les quels nous nous cachions depuis déjà une semaine. C'est vrai, je vous dis la verité, je vais tout dire...depuis le debut...écoutez !
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# Posté le mercredi 27 juin 2007 03:57

Modifié le mercredi 27 juin 2007 08:10

MEMOIRES D'OUTRE BEACH - chapitre 1

MEMOIRES D'OUTRE BEACH - chapitre 1
Ils sont là, tous en face de moi, leurs yeux me jaugent, me fouillent, me fusillent. Je tiens sur mes jambes qui tremblotent, je n'ose pas les regarder, tellement j'ai peur...

- Non, tu ne vas pas le faire, dis ?
- Tu ne vas pas raconter cette loufoquerie, oui ?
- Tu ne sais pas dans quoi tu vas plonger tes dents !
- Cette affaire a été jugée, classée et jetée aux oubliettes !
- Tu vas la boucler ta gueule, oui ?

Ils sont toujours là qui me bousillent du regard, je sens mon coeur cogner comme un fou. Je ne sais pas quoi faire. Parler ou me taire. Je voudrais parler. Des mois que j'en bave d'envie. C'est une question de vie ou de mort. Cette affaire, faudrait que j'en dise trois mots, en mémoire de mes trois fréres que jamais plus je ne retrouverai. Eux n'ont pas eu lachance que j'ai eu moi, cette nuit là.

Alors, je me décide : je vais ouvrir la bouche.

Mèmoires d'outre beach. Voilà, c'est comme ça que çacommence, un coup de feu, là quelque part, on ne sait pas, personne nel'a jamais su, personne n'a jamais voulu le savoir. Un coup de feu puis deux, trois, quatre et puis ça pétararde de partout. On se cache dans tous les trous...

Non,sérieux je vais en parler, ça fait des années que j'en bave d'impatience ! Trop de gens sont morts, morts pour rien, mort pour des broutilles, pour des sornettes ! Ce bateau, ce maudit bateau avec sa coque rongée, ah la vache ! Ils étaient pourtant venus nous le dire, nous le dire eux memes ce matin là...

Rentrez chez vous !
La guerre est close, oui je vous dis close, croyez moi !
Descendez au beach, un bateau vous attend !

Non je vous dis, je vais en parler, oui parler de ce matin là, ce putain de matin aux yeux rouges, cette saloperie de matin qui m'a volé mes trois fréres, et puis ce type, ce militaire aux joues balafrées !
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# Posté le mercredi 27 juin 2007 03:48