vendredi 26 juin à la librairie Résistances : SOIREE MASCARADES ELECTORALES EN FRANCAFRIQUE

vendredi 26 juin à la librairie Résistances : SOIREE MASCARADES ELECTORALES EN FRANCAFRIQUE
Vendredi 26 juin 2009,
Par Susanne Shigihara //
Agenda Survie Paris


A la veille d'un scrutin présidentiel prévu pour le 12 juillet 2009 et organisé par le pouvoir dans des conditions totalement opaques, il est important de rappeler quel personnage sanguinaire règne sur le Congo-Brazzaville, cette pièce maîtresse dans l'approvisionnement pétrolier de la France. Depuis 1979, et seulement interrompue par un court printemps démocratique après la chute du mur de Berlin entre 1992 et 1997, Denis Sassou Nguesso sème la terreur parmi une population réduite à la plus grande misère. Le putsch qui l'a ramené au pouvoir avec l'aide directe de la France a coûté la vie à d'innombrables personnes. Cette guerre contre les civils qui a débuté le 5 juin 1997 et duré jusqu'en 2000, s'est déroulée à huis clos, sans aucune attention des médias internationaux.

Dans un contexte actuel des plus tendu et pour alerter le public en France, nous vous présentons dans cette soirée le rapport d'une enquête sur le meurtre de Marien Ngouabi, président du Congo-Brazzaville de 1968 à 1977, de son prédécesseur Alphonse Massamba-Débat, du Cardinal Biayenda et beaucoup d'autres dans ce qu'on appelle la semaine sanglante de mars 1977. Ce rapport est issue de la commission « Assassinats » au sein de la Conférence Nationale Souveraine du Congo-Brazzaville qui s'était tenu d'avril à juin 1991 et qui a attribué un total d'environ 3000 assassinats à Sassou Nguesso.

Le récit du complot du 18 mars 1977, digne d'un thriller, décrit avec justesse le caractère du personnage qui s'apprête, plus de 30 ans plus tard, à s'incruster encore pour 7 ans de plus à la tête du pays.

Guy Alexandre Sounda, auteur-comédien-metteur en scène né à Brazzaville, nous guide à travers cette soirée entre passé, présent et avenir avec ses « Petits bouts de rêves au black » où il nous parle du peuple congolais abandonné à son sort et obligé de se débrouiller seul dans un immense gâchis qui découle – il faudrait bien l'admettre un jour – en très grande partie de la responsabilité de la France.

avec Guy Alexandre Sounda (théâtre), Apkass (récitation), la Fédération des Congolais de la Diaspora et Survie (Zoul, Susanne, etc...)

Vendredi, 26 juin 2009, 18:30
Librairie Résistances, 4, Villa Compoint, 75017 Paris
M° Guy Môquet (ou Brochant), BUS 31 : Arrêt « Davy-Moines »
Tel : 01 42 28 89 52. Fax : 01 42 28 95 29

# Posté le lundi 15 juin 2009 12:21

Modifié le lundi 29 juin 2009 07:48

petits bouts de rêves au black (2) : PAPA NATIONAL VIENT DE CASSER SA GROSSE PIPE

petits bouts de rêves au black (2) : PAPA NATIONAL VIENT DE CASSER SA GROSSE PIPE
Nous étions mercredi hier. Ils sont jeudi aujourd'hui. Un jeudi noir. Le ciel a disparu dans le ciel. Les oiseaux ne savent plus où donner de l'aile. Les pauvres. Le vent est furieux. Je ne sais pas pourquoi. Il nous crache des insultes dans sa langue. C'est pourquoi ils font la gueule d'acajou saccagé par la dernière tornade. La gueule d'okoumé coupé en cinq par la foudre. Vous savez de qui je parle ? Des nouveaux riches voyons ! Les nouveaux riches de la République du Gombo Démocratique – mais oui ceux-là qui papillonnent soir et matin autour de papa National. Ah ah vous vous souvenez maintenant ! Ceux-là qui font gigoter nos nanas et nos mamas pendant que nous nous trimons à la fabrique. Ils ont le fric facile eux et nous la vie dure. Les fils de pute ! Les dollars congolois dansent le mampouka serré dans leurs poches. Ce sont de vrais magiciens du fric. Ils dépensent les yeux et les narines fermés. Mille par ci. Onze mille par là...

Et ça fricote dans les angles morts de la république et ça crachote dans les chiottes de la municipalité. Et ça hurle de plaisir dans les puisards de la voirie. Et ça bouffe comme des régiments furieusement blindés. Chut. Et ça boit comme des Polonais d'avant-guerre. Et ça tricote des slogans à vous donner le tournis et la grippe. Papa nachional oyé ! La démocrachie oyé ! La vie pour eux se résume à quatre charmants petits verbes conjugués fesses sur le bidet au présent de l'indicatif : mangeailler boirailler dansailler baisailler. Travailler ? Ils ne connaissent pas ce verbe-là. Ils ne le connaissent pas ! Oui je le jure sur les deux tombes de mon fils coupé en deux morceaux pendant la guerre de juin mille neuf sans barricades !

C'est d'ailleurs pour ça qu'ils font la gueule aujourd'hui ! Une gueule de chinchard ! Une gueule de bois mort au cachot ! Une gueule à vous exploser la gueule à coups de marteau en plein midi ! Une gueule de fantassin déchu ! Une gueule de paillasse au bout d'un rouleau de papier-cul ! Les nouvelles ne sont pas bonnes. Radio Gombo crache le même chant de deuil depuis ce matin. De grosses larmes rouges coulent sur les pommettes de Madoukoutsé, vous savez le fameux ruisseau congolois qui charrie à longueur des journées des tonnes et des tonnes de sachets de caca. Personne ne sait d'où ça provient. L'autre jour maman m'a dit que ça vient du palais. Il paraît que c'est bourré de chieurs professionnels le palais. Des chieurs à lier. Des chieurs qui chient comme ils respirent. Qui ne peuvent pas s'empêcher de chier même quand ils dorment. Elle pense maman que dans six matins même pas la république deviendra un immense champ de cacaoyers. Tous les bouffeurs de caca du monde entier viendront faire leur petit marché chez nous.

Le Gombo Démocratique sera le premier pays producteur et diffuseur de caca brut. Ah oui ça nous changera du pétrole. Le pétrole toujours le pétrole. Y en a marre à la fin ! Il nous a rendu fous ce truc-là. Il nous a pourri la citrouille. Il nous a fait se massacrer les uns les autres. Vous entendez ça ? Massacrés et largués dans le fleuve Gombo. Il a débauché nos gosses. Pas bon le pétrole. Maman est en grève. Ça fait dix jours qu'elle n'a pas mis son pied à l'église. Elle bougonne sans arrêt. Elle se demande pourquoi le bon Dieu nous a collé une pareille saloperie dans les fesses. Elle a raison. Dieu ne pouvait-il pas inventer autre chose ? Le bédrole par exemple. Personne n'en veut. Ça sert à rien. Ça fait bientôt 400 ans que ça pourrit dans le fleuve !

Ah nous avions eu le bédrole à la place du pétrole ! Nous serions heureux. N'y aurait pas Self Gombo, vous savez cette putain de société boffeshore qui nous pompe notre pétrole pour une pincée de cacahuètes et de noix colas à la fin du mois ! N'y aurait pas toute cette avalanche de serpents broussailleux qui vous crachotent le feu et la poussière chaque fois que vous levez votre petit doigt. Les nanjas à tête de nouilles avariées. Les cobras à gueule d'alcoolos péteux. Les mambas aux narines bourrées de crottes de chien. N'y aurait pas de colonisés et d'intellectuels baveux qui braillent des discours à vous faire ronfler d'ennui etde rage dans les bras vos mamans. N'y aurait pas de maquisards dans nos forêts. N'y aurait pas de coups d'état à coups de marteau dans la gueule. Nous serions heureux de la tête aux pieds. Pas de pétrole. Rien que du bédrole. À nous la belle vie quoi. À nous le sommeil jusqu'aux oreilles. Nos enfants ne se feraient pas bouffer par des requins au large de la Méditerranée. Ils n'iraient pas chanter dans le métro moyennant dix malheureux centimes et dix vilains petits regards visqueux. Maman a raison. Si nous avions eu le bétrole seulement le bétrole ma femme ne serait pas partie avec ce salaud de Debouazo. Il travaille à Self Gombo. Il gagne des millions paraît-il. Il va se blanchir les fesses dix fois par an là-bas sur la rive gauche de la seine. Un vrai con. C'est vrai maman a raison. Elle parle beaucoup. Je reconnais. Mais putain, elle dit des choses qui arrivent tout le temps. Elle est intelligente. On aurait dû la mettre au gouvernement. Elle travaillerait cent cinquante mille fois mieux. Mais bon passons !

Revenons à la fesse de l'affaire ! Une affaire pas les autres affaires ! Une affaire à vous couper la langue ! Une triste affaire de gombo mal distribuée ! Une malheureuse petite affaire de fesses non subventionnées ! Une minable connerie d'affaire de pots-de-vin chinois ! Une affaire à faire hurler Dieu de colère ! Où en étais-je ? Ah oui les nouveaux riches et le jeudi noir ! Ils font la gueule des mauvais jours ce matin. Je les entends couiner à la radio. Ils pleurent chacun dans son patois. Papa national vient de casser sa pipe. Voilà pourquoi. Vous comprenez ? Le président est mort dans son lit de mort. Mort la braguette ouverte. Pas eu le temps de la fermer. Il avait une sacrée braguette notre Papa national. Bavarde et chieuse comme une meute de gamins au fond d'une classe de CP1. Elle nous a laissé une centaine de petits bâtards dans les angles morts de la république. Là où les yeux du peuple n'arrivent jamais. Mais çà personne ne le sait sauf maman. Quelle coriace ! Les nouveaux riches chialent. Papa national est mort. Il a été mangé par un palu rebelle qui se cachait dans son placard. Vous le croyez vous ? Moi non. Ça ne meurt pas de palu un président. Le peuple oui mais pas lui. Maman sait ce qui s'est passé. Il est mort à cause d'un petit pot aux roses dans lequel il cachait un tout petit serpent à sonnette que sa femme a découvert sous le lit alors qu'elle cherchait sa bague en diamant que venait tout juste de lui offrir son bel amant, le ministre des sots et forêts de la république. Le serpent n'est pas n'importe quel serpent. C'est un esprit. Un génie. Une sorte sirène des bois fabriqués par un marabout bourguignon. C'est grâce à cette bestiole qu'il est resté cinquante ans au pouvoir. Vous vous rendez compte ? Cinquante ans de pouvoir ! Cinquante de caca et de pipi dans les culottes du peuple ! Cinquante de bouse de vache dans nos bols tous les jours ! Cinquante ans de morve au fond des narines du peuple ! Cinquante ans de sottises !

Une chose : le marabout avait été clair. Personne d'autre que toi ne doit mettre son doigt dans le pot. Personne surtout pas ta femme ! Les choses avaient roulé sur leurs roulettes pendant cinquante ans. Roulées sur leurs patins à roulettes. Roulées dans la farine. Dans la mouise. Roulées dans su papier à rouler. Mais une putain de bague en diamant a mis fin à la roulotte. Une roulotte outrageusement russe. La femme a plongé sa main sous lit. Le pot n'était pas si loin. Le serpent a sorti ses sonnettes et ses crochets. La femme a crié. La bête a faufilé sous les draps. Le vent a beuglé. Le ciel s'est voilé. La maison a tremblé. La femme s'est écroulée sur le carreau. Morte sous les morsures. Papa national a accouru. Il n'a pas eu le temps de fermer sa braguette. Son c½ur a pété cinquante câbles à fois. Vous auriez eu peur. Ses poumons se sont noyés. Fin du tableau. Les nouveaux riches ne savent plus à quel chien se vouer. Les pauvres. Ils courent dans tous les sens. Ils se marchent dessus. Ils mettent dans leurs poches tout ce qui peut entrer dans leurs poches. Le temps presse. Il faut faire vite. L'aube n'est plus si loin. Personne ne doit savoir. Surtout pas le peuple. Il est chiant. Il peut nous poser des questions. De sales questions. Bordel faisons vite ! La radio continue à distiller le même chant. Mon ventre grogne. J'ai faim. J'ouvre les yeux. Je regarde ma montre. Il est quatre heures quarante. Ma femme ronfle. Un chapelet de frottements d'étoffes mouillés et de ronrons de blattes en chaleur s'échappent de son nez. Je me lève. Je me suis rappelé : un bouillon de chèvre aux champignons de brousse m'attendait à la cuisine. C'est pas facile de rêver au black. Ça vous creuse le ventre

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# Posté le vendredi 12 juin 2009 14:24

Modifié le samedi 27 juin 2009 08:49

petits bouts de rêves au black (1) : PAPOTAGE CONGOLOIS A L'HUILE DE PALME

petits bouts de rêves au black (1) : PAPOTAGE CONGOLOIS A L'HUILE DE PALME
J'ai rêvé avant-hier. À une heure du matin. Cloué au lit. Un rhume mal soigné. Le toubib a raté son diagnostique. Il a pris mon rhume de foin pour une grippe à bière. Il m'a bourré de comprimés et de sirops anti-bière pendant douze jours. J'ai failli y passer. C'est grâce à maman que je suis encore là. Elle m'a envoyé son féticheur. Il a su en deux chants et deux crachats sur mon front pourquoi mes jambes ne m'écoutaient plus et pourquoi mes yeux n'en faisaient qu'à leurs yeux. C'est vrai. L'½il gauche louchait à gauche et celui de droite guignait à droite. Ils ne voulaient même plus sentir le bouillon de cabri aux champignons sauvages que ma femme nous mijote chaque soir après nos six verres de gin. Le féticheur de maman qui est devenu aussi le mien m'a prescrit un traitement à vous faire grimper la tour de Pise à vélo. Quatre noix de colas rouges à brouter toutes les quatre minutes. Deux braises à écraser sous les talons entre chaque repas. Cinq litres de vin de palme à engloutir avant les premières gorges de la poule de mon voisin. Maintenant ça va mieux. Mon rhum a brûlé son foin. Je l'avoue : tout ça m'a fait très peur. Et...Mais bon passons !

J'ai rêvé. Je flânais sur l'avenue de la révolution. C'était le soir. Les gamins roulaient sur la boue laissée par les deux dernières pluies. Les automobiles bringuebalaient sur le bitume jonché de crevasses. Les lampes électriques diffusaient d'un air paresseux du haut de leurs poteaux en bois d'acajou une lumière déprimée. Mais on pouvait quand même déchiffrer après deux ou trois cillements des slogans barbouillés à la chaux sur les mûrs déchirés par la guerre de juin mille neuf sans barricades, vous savez celle qui a opposé durant cinq mois toutes les tribus de serpents qui s'emmerdaient depuis des années dans nos brousses. Les najas. Les cobras. Les pythons. Les vipères. Les couleuvres. Les haut-parleurs municipaux crachaient une chanson de Franco. Maya mon amour. Le morceau préféré de notre Papa national. On le diffusait plus de mille fois par jour. C'est normal. L'érection présidentielle s'était bouclée sur une note radieuse. Pas de déchirement. Aucune goutte de sang. Même pas un couinerie. Le peuple pissait de plaisir. On pissait partout. Dans les parcs. Dans les cafés. Dans les bus et les marchés. Le pays puait de pipi. Et...

- Pour la douzième fois consécutive, mon général Joachim Potassé, fils aîné de sa mère Jeanne Fricassé et de son père Pierre Monassé, a été réélu sur une majorité écrasante de six millions de voix !

- Six millions de voix ? Vous avez entendu ça ? C'est pas possible ! Le pays ne compte même pas un million d'habitants ! Vous pensez bien avec toutes ces guéguerres qui se font la queue !

- Et alors ? Qui vous a dit que tous nos morts sont morts ? Y en a qui respirent encore ! Ils vont le voir tous les lundis matin à la présidence ! Ils apprécient beaucoup sa façon de diriger le pays !

- Ah oui ! Ils soutiennent son projet : 40% de plombage dans le sud et 70% de gommage dans le nord. Ils le comprennent même mieux que nous tous ici. Voilà pourquoi ils l'ont voté cette année !

Deux semaines avant son discours officiel, le tout premier depuis sa prise de pouvoir par des urnes équipées de radars anti-fraude, il a ordonné aux fantassins de la nouvelle garde ripoublicaine d'aromatiser toutes les tombes éparpillées sur le territoire national. Toutes sans distinction de tribus ! Seulement voilà : une petite couille a fait foirer le projet. Trois cent mille femmes, veuves et nièces des martyrs de la révolution du 18 mars soixante dix-sept, ont monté des barricades géantes à l'entrée de chaque cimetière. Elles hurlaient que leurs époux ont été tués pour rien et que cette putain de révolution n'était qu'un vulgaire petit coup de poker rafistolé à la va-vite par des mafieux de l'armée nationale pour assurer leur gombo ! Elles criaient si fort que je me suis réveillé en vrac. Mon c½ur cognait. Mon nez suintait. Lisa ronflait. Lisa c'est mon épouse. J'ai essayé de la réveiller. Tu parles ! Elle grognait chaque fois je la remuais. Laissez-moi vous avouer une chose : la gorge de ma femme est plus bruyantes que la mienne surtout après avoir ingurgité trois verres de gin sec et un bouillon de chèvre aux champignons sauvages !

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# Posté le lundi 08 juin 2009 18:16

Modifié le lundi 29 juin 2009 07:53