Note sur la Cie du Théâtre Poème

C'est une association à but non lucrative qui a été créée le 12 mai 1997 à Pointe Noire, au Congo Brazzaville, sur initiative de Guy Alexandre Sounda. Elle est composée aujourd'hui d'hommes de théâtre et de culture originaires du Congo, du Tchad, du Sénégal et de France.

SES MISSIONS
Initier et faciliter des échanges entre les professionnels d'horizons divers.
Servir de catalyseur aux diverses expérimentations transculturelles.
Créer de nouvelles formes d'expression théâtrale.

SES ACTIVITES
Création de spectacles pour enfants, adolescents et adultes
Ecriture, mise en scène et diffusion de spectacles pour la compagnie.
Enseignement des techniques développées par la compagnie.
Formation des enseignants et des élèves aux techniques théâtrales.
Collaboration et coproduction avec d'autres compagnies professionnelles.
Recherches et investigations théâtrales.

SA RESIDENCE IMPLANTATION AU SENGAL
Depuis septembre 2002, la compagnie du théâtre poème travaille au Sénégal dans le cadre d'une résidence qui a pour objet principal la réalisation de projets artistiques transnationaux décentralisés dans les régions, qui s'inscrivent dans le contexte du développement durable et de l'autonomisation des savoirs-faire en direction des jeunes créateurs professionnels de théâtre et les jeunes publics scolarisés et déscolarisés.

Le Chantier International de Théâtre Jeunes Publics de Kaolack.
Ce festival est l'aboutissement du travail de la compagnie du théâtre poème.

SON PARCOURS
De 1997 à nos jours, la compagnie compte à son actif treize créations de conte et théâtre, dont quelques unes ont été déjà diffusées dans plusieurs festivals au Congo, en RD Congo et en Afrique de l'Ouest, à l'instar de un fantôme sur le trottoir présentée durant la saison 2002-2003 dans six villes : Ouagadougou, Bobo-dioulasso, Niamey, Dogondoutchi, Bamako, Dakar. A ce jour le travail de pédagogie de la compagnie est essentiellement basé sur les travaux de recherche et d'expérimentation des rites de transmission orale/gestuelle Kongo.

Directeur artistique : Guy Alexandre Sounda, soundaguyalexandre@yahoo.fr

Coordonnées de la Cie : B.P. 25091 Dakar - Fann, Sénégal. Tél. fixe : + 221 868 07 71
Note sur la Cie du Théâtre Poème
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# Posté le dimanche 09 juillet 2006 07:26

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 09:12

Les pratiques & points de vue de Guy Alexandre Sounda

Les pratiques & points de vue de Guy Alexandre Sounda
«...Ce que nous voulons récupérer quand nous allons au théâtre, c'est évidemment nous-mêmes, mais nous-mêmes, non pas en tant que nous sommes plus ou moins pauvres, plus ou moins fiers de notre jeunesse ou de notre beauté, c'est nous récupérer en tant que nous agissons, que nous travaillons, que nous rencontrons des difficultés et que nous sommes des hommes qui ont des règles et qui établissons ces règles... » .

Autour de la réflexion qu'amène la citation de Jean Paul Sartre s'articulent les paramètres du projet artistique et sociopolitique de Guy Alexandre Sounda :

Changer les hommes le temps d'une représentation :

Ce qui est mis en évidence dans mes productions, c'est l'urgence. L'urgence d'agir sur le temps, de parler de l'humain aux hommes, de nommer les choses, comme on dit si bien chez nous, d'appeler le chat par le chat. L'urgence de partager nos angoisses, nos suffocations en même temps que nos joies. Cette urgence apparaît dans chacune de mes spectacles, dans le langage des acteurs.

Parce que je crois que dans les limites temporelles d'une représentation, le théâtre peut changer les hommes, c'est-à-dire les inciter à se récupérer dans la brume étouffante et déformante des convenances, des clichés, des préjugés et à poser l'acte qui sauve : celui que chacun doit accomplir chaque jour pour réinventer le monde et rendre l'homme plus meilleur qu'il ne l'est aujourd'hui.

Parce que le théâtre, pour moi en tout cas, est ce creuset où se conjuguent l'acte et la parole pour faire émerger une attitude émotionnelle positive, capable de déclencher chez nos spectateurs des processus (lents ou immédiats) de récupération de soi. Nos actes et nos paroles donnent à voir et à entendre l'homme dans tous ses états : état d'esprit, état de conscience et d'inconscience, état de corps, état d'âme et d'esprit, état d'humeur et d'humour. Ainsi, mon approche du théâtre consiste à donner le temps aux spectateurs de s'explorer à travers ces différents états d'homme.

L'art de l'acteur est une problématique à affronter au quotidien par un travail de recherche, d'expérimentation et d'application qui donnerait lieu à des résultats qui deviendront à leur tour sujet d'étude, d'évaluation, d'intervention. Au bout de cet effort, une seule et unique récompense : les spectateurs

Recréer le temps et l'espace :
Le statut que je revendique dans mes productions, c'est celui de recréateur. Recréer le temps et l'espace en se basant sur la parole et l'acte qui agissent à la fois comme filtre et miroir pour renvoyer aux spectateurs des images renouvelées d'une réalité dont ils sont eux-mêmes issus.

La parole et l'acte sont donc deux paramètres fondamentaux dans leur capacité à réveiller, à sensibiliser, à transmettre, à dialoguer. Recréer le temps et l'espace dans l'instant de la représentation, c'est pour moi la plus belle manière de réinvestir le quotidien dans sa fluidité et sa rapidité : ce qui me permet de dépasser de fait la simple monstration d'un tel ou d'un tel autre fait de société et de se placer à un niveau notionnel et conceptuel à partir du quel les spectateurs sont appelés à interpréter la réalité quotidien, chacun à son rythme, à sa façon...

Le choix d'un texte et de la forme du spectacle qui en est tiré a toujours été guidé par ma volonté de souligner un peu plus ce statut de recréateur. Parce que la création théâtrale, à notre sens, c'est avant tout mobiliser le temps et l'espace en les déstructurant avec des images, des sentiments, des mots, des coups de voix et de corps sans les rendre pour autant insolubles et sans les détacher du flux régulier de la société. Déstructurer le temps et l'espace est un acte à la fois indispensable et citoyen qui engage les acteurs à construire un ailleurs sublime qui transcende le vécu quotidien des spectateurs.

Dans le spectacle Dzakoumba, que j'ai crée en juillet en 1997, d'après une nouvelle de Victor Louya, l'action se passe dans une gare. Les acteurs incarnaient des voyageurs ruraux qui attendent un train improbable. Le temps passait mais très lentement. Cette lenteur pouvait se lire aussi bien dans le jeu que dans les voix des acteurs qui évoluaient dans un espace dépouillé et isolé. A travers cette lenteur, les acteurs traduisaient le temps intérieur de l'homme, ses fatigues, ses transpirations, les lassitudes. Dans ce spectacle, le temps s'était transformé en fragments d'émotions tantôt moites tantôt suffocantes, et la scène en un lieu à la fois proche et lointain mais si familier. Cette approche a permis aux spectateurs d'appréhender objectivement, à travers la fiction du spectacle, les affres d'un immobilisme social effrayant.

Dans le spectacle Y a-t-il une âme dans mon vers ? , crée en 1998 et repris en 2000 à la pagode (d'après les textes de Prévert, Norge, Sony Labou Tansi), le personnage principal, placé du début à la fin, à la lisière du plateau, parle à son verre de vin de palme qu'il tient dans sa main droite. Il est seul dans cet espace juxtaposé entre le vide et le plein. Il parle de sa condition de domestique au service d'un maître réputé pour ses coups de colère, ses appétits sexuels, sa faiblesse pour les vins et les nourritures. Ces paroles étaient ponctuées et entrecoupées d'actes qui illustraient sa vie quotidienne : laver, repasser, récurer, cuisiner, barboter, balayer...

Ces actes étaient comme des vecteurs qui à la fois projetaient des émotions et transformaient le temps en séquences rapides et discontinues que le verre de vin de palme de temps en temps stabilisait équilibrait en ramenant les différentes énergies en un point focal où venaient converger les regards des spectateurs : ce personnage qui parlait à son verre en évoquait ses souvenirs, son enfance, son village. Pourtant ce n'est pas à son verre qu'il parlait, mais aux spectateurs à qui il transmettait les images d'un monde fait d'illusion et suggérait par la même voie un ailleurs plus tendre où l'homme serait en équilibre sur lui-même, comme un verre sur la paume d'une main.

Renouveler la pratique théâtrale :
«... Je conçois le public comme une communauté dont chaque membre porte en soi ce qu'il croit être son angoisse ou son espoir ou une préoccupation personnelle qui l'isole du reste de l'humanité. A cet égard, la fonction du théâtre est de le révéler à lui-même pour qu'à son tour il puisse toucher les autres hommes, en leur révélant qu'ils sont tous solidaires... »

Cette citation d'Arthur Miller m'inspire une question qui demeure et demeurera actuelle : de quelle manière pouvons nous, nous artistes et artisans de théâtre, réussir à révéler l'homme à lui-même et à le rendre moins seul ? Je pense absolument que de la manière découlent la forme et le fond qui, eux, à leur tour se nourrissent des multiples facettes de la société. Ainsi, cette question m'impose implicitement de remettre sans cesse en cause la notion d'acteur.

C'est dans cette perspective que, depuis 5 ans, je travaille sur les techniques alternatives de composition et d'interprétation dramatique qui allient deux registres fondamentaux : le théâtre et la poésie, le comédien et le poète, le drame et le poème. Deux tonalités choisies pour amener nos publics à descendre au plus profond d'eux-mêmes, avec une double perspective : celle du poète dont le regard flamboyant va de l'intérieur à l'extérieur des choses pour s'ouvrir à l'imaginaire, et puis celle du comédien dont l'expression co-verbale touche à l'expression de la réalité pour évoquer le monde dans toutes ses dimensions.

Dans le spectacle Casseur de pierre, que j'ai crée en mars 2001, d'après fictions de lettres d'un kinois à l'oncle du village, de Yoka Lye Mudaba, cette démarche à été bien mise en valeur tant sur la composition dramatique du spectacle que sur l'interprétation du comédien. Ce spectacle met en scène un personnage, Zéro, qui quitté son village pour la cité lumière où, dit-on, les rêves deviennent très souvent réalité. Mais très vite les rêves de Zéro deviennent des cauchemars dans une ville prise entre ces jeux d'argent et de pouvoir. Déboussolé et désespéré, il se résout à écrire à son oncle resté las bas au village :

« ...Cher oncle, ici les travailleurs ne travaillent plus, les élèves ne s'élèvent plus, les ministres ne ministrent plus, les présidents ne président plus. Tout le monde est devenu débrouillard, casseur de pierre...»

Cette phrase m'a donné accès à ce tout que le personnage vivait dans cette ville. Pour lui, cette lettre était une sorte de voyage intérieur et extérieur, à travers le quel il évoquait son village natal, les difficultés de la vie rurale, la perception de la ville par le paysan, les réalités de la cité, le chômage, les malentendus parfois funestes et cruelles. Deux tonalités qui se juxtaposaient en une sorte de fondu enchaîné et nous introduisaient au c½ur même du drame poétique d'un villageois perdu en ville.

«...Notre but est un drame poétique dont la signification profonde nous échappe le plus souvent, un drame qui semble ne pas avoir été composé ni construit, mais qui en quelque sorte, vient à la vie sur la scène puis s'évanouit dans les nuages... » Arthur Miller
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# Posté le dimanche 09 juillet 2006 07:08

Modifié le mardi 19 juin 2007 05:36

Guy Alexandre Sounda & le Théâtre Poème

Guy Alexandre Sounda & le Théâtre Poème
BIENVENU À BORD DE GUY ALEXANDRE SOUNDA WORD SPACE

Merci pour le temps que vous consacrerez à ce blog qui retrace mes activités aussi bien artistiques que socioculturelles. Des points de vue il y en aura : oui, je le dis, des points de vue sur la situation politique et économique de notre continent et de mon pays le CONGO : il m'arrivera de crier, de hurler de rage, de désespoir, mais au bout du compte, la seule et l'unique préoccupation affichée et assumée c'est de voir mon pays fleurir : qu'importe qu'ils soient du NORD ou du SUD, mais l'important c'est que nos dirigeants sachent bien se tenir comme jadis le furent nos ancetres du KONGO DIA NTOTELA.

Merci pour ce temps, votre temps si précieux, en ces temps si coriaces et rudement chronométrés, où parfois aller se regarder le nez dans une glace est devenu une galère des galères !

Voici le plan du blog :

En premier lieu on vous parlera en quelques lignes de Guy Alexandre Sounda, l'initiateur du projet Cie du Théâtre Poème. Comme dit un proverbe de chez moi en Rapouasie " charité bien ordonnancée commence par ses propres dents "

En deuxième et troisième lieu viendront les pages vives de ce que la Cie a pu faire grâce à votre aide, quand je dis votre aide, n'allez pas croire à une quelconque fausse modestie dissimulée dans un coin de ma case, mais bien la vérité car on est jamais seul tout seul disait Talansi mon grand père !

Puis ne vous lassez pas, aller jusqu'au bout de la piste, du blog je veux dire, et ça tient en quelques pages. On n'a pas besoin de remplir un container de feuilles pour dire l'essentiel ! Quand vous arriverez au bout de votre peine, eh bien laissez nous un mot, une trace, une respiration, faites nous savoir que vous êtes passé !

Qui est ce mouton à six pattes qui gueule à vouloir tout rompre dans le pré ?

Il est né au Congo Brazzaville. Guy Alexandre Sounda. Fondateur de la compagnie du théâtre poème, il travaille depuis une dizaine d'années déjà autour de trois principaux registres : le drame, le poème et le récit. Trois tonalités qu'il a choisies pour construire un langage personnel qui résume au plus près ses idées-forces et qui induit une double perspective: celle du poète dont le regard va de l'intérieur à l'extérieur des choses, celle du comédien dont l'expression co-verbale touche à l'expression de la réalité pour évoquer le monde dans toute sa fluidité et sa complexité et celle du conteur dont la parole éclaire les nuits de notre temps.

Il a mis en scène tous les spectacles de la compagnie dont les plus connus sont « l'île des enfants perdus » une adaptation des paroles de Jacques Prévert, « y a t-il une âme dans mon vers ? » et « un fantôme sur le trottoir » deux drames comiques dont il est l'auteur.

Formé aux techniques de jeu du comédien entre 1986 et 1992 à Brazzaville dans diverses compagnies et au sein d'ateliers ouverts au centre culturel français et au centre de formation et de recherches d'art dramatique, il a été parallèlement initié tour à tour au chant choral, au jonglage, à la peinture, à l'art du conte, à l'écriture dramatique, aux arts clownesques, au mime théâtral et à la danse traditionnelle tout en poursuivant ses études de droit public jusqu'en 1993.

Avant de créer sa propre compagnie en mai 1997, il a d'abord travaillé entre Brazzaville et Pointe Noire avec et/ou sous la direction de différentes personnalités du théâtre congolais, à l'instar de Nicolas Bissi, Eric Mampouya, Guy Stanislas Matingou, Jean Claude Loukalamou, Bernard Sallé, Georges Mboussi, alternant entre l'écriture, la mise en scène, l'interprétation et l'expérimentation des travaux de Bernard Dors, Decroux, Artaud, Brecht, Stanislavski, Grotowski, Tchekhov, Lecoq, Mnouchkine, Muriel Bloch, Bruno de la Salle.

Au cinéma, deux rôles principaux lui ont été confiés en 1992 par Camille Mouyéké pour l'épreuve du feu et en 1996 par Olivier Michaux pour les nuits d'Antoine.

A Pointe Noire, entre 1994 et 2002, il a été professeur d'art dramatique au collège et au lycée et animé divers stages professionnels de théâtre et de conte. Il s'est régulièrement produit dans les prisons et les hôpitaux...Après un long séjour passé dans plusieurs villes ouest africaines (cotonou, niamey, ouagadougou, bamako, dakar, kaolack, abidjan, dogondoutchi ) Guy Alexandre Sounda vit actuellement en Italie où il vient de boucler une résidence de création et d'écriture theatrale, avec la compagnie Mèlisma.

# Posté le dimanche 09 juillet 2006 06:59

Modifié le vendredi 22 juin 2007 05:22