quand arrêteront t-ils enfin de chialer, LES CONGOLAIS DE MON PAYS ?

quand arrêteront t-ils enfin de chialer, LES CONGOLAIS DE MON PAYS ?
Ah, quand arrêtons-nous de pleurer, nous congolais du Congo Brazzaville ? Une question naïve, je consens. Mais comme on dit à question naïve réponse naïve : nous arrêterons de chialer lorsque les faucons auront dévalé la pente qui mène à la grotte aux lions, lorsque les rois et leurs reines décoiffées iront dormir sous le pont des accusés, pas loin des vasières d'itatolo, lorsque nos bidonvilles ne seront plus de vastes cimetières glauques où s'entassent par milliers de tonnes nos destins concassés soir et matin dans un moulin furieux, lorsque nos vies ne ressembleraient plus à un conte de fiel pondu par un clochard ivre jusqu'à la rate une nuit d'hiver sur un banc solitaire, lorsque nos mfumu arrêteront de bander à l'envers comme ils le font actuellement. Oui, ils bandent à l'envers ! Ils bouffent à l'envers. Ils pissent à l'envers. Car comment comprendre qu'ils continuent à pérorer que le pays fonctionne comme sur des patins à roulettes alors qu'il piétine ?

Dites-moi sérieusement, quand arrêterons-nous de patauger dans la mouise ? La vérité c'est qu'il faut laisser mourir la bête (notre soudard national) dans son gombo. Il faut lui laisser cracher sa matière triste jusqu'à la dernière goutte. Viendra le jour, il n'y aura plus rien en lui et autour de lui. Les gratteurs de poils perchés sur leurs nuages de poussière n'auront plus rien à gratter. On dit chez nous : on ne peut pas battre le temps, il est plus fort que l'homme. Mobutu en sait quelque chose. Donc rien ne changera d'ici-là. Les élections de juillet prochain ne nous feront hélas pas arrêter de sangloter. Elles auront la même odeur que les précédentes. Déjà on le voit. À quelques encablures du fameux événement, le gouvernement nous a pondu une sottise monumentale :

Il vient de proposer dix millions d'hectares de terres agricoles à un mille trois cents d'agriculteurs sud-africains pour cultiver du maïs et du soja, élever de la volaille et des vaches laitières dans le pays, a annoncé Theo De Jager, vice-président d'Agriculture South Africa (Agrisa), lors d'une conférence sur l'agriculture à Durban.

« Ils nous ont donné 10 millions d'hectares, et c'est beaucoup si vous considérez qu'en Afrique du Sud, nous disposons d'environ six millions d'hectares de terres arables », a dit De Jager à l'agence Reuters, précisant que des sud africains ont été au Congo pour traiter cette affaire au mois de mars dernier. Promesse de rapatrier les bénéfices pendant 99 ans leur aurait été faite. Ils ne paieraient rien également pour les engrais et le matériel qu'ils apporteraient. « Ils ont des élections en juillet et ils veulent que le projet aille vite de sorte qu'on procède aux semis juste après » a précisé Theo De Jager. A suivre...
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# Posté le lundi 20 avril 2009 18:50

Modifié le lundi 20 avril 2009 20:12

peut-on critiquer le danger SANS EN PROPOSER L'ALTERNATIVE ?

peut-on critiquer le danger SANS EN PROPOSER L'ALTERNATIVE ?
Sur le blog d'Alain Mabanckou, autour de l'article publié le 16 avril 2009 : votre président déclare-t-il ses revenus et paye-t-il ses impôts ? Un correspondant un a dit : on ne peut pas critiquer le danger sans en proposer une miette d'alternative. A quoi je réponds : elle, l'alternative, pointera même sans nous ! Chacun est l'alternative de l'autre. Toi, fais ton boulot : dis et fais les choses tant que ton souffle te le permet. Fais et dis les comme elles doivent être dites et faites. Mets tes Points sur des I même si les autres, soi-disant intelligents et intelligibles, les jugent aléatoires. Au village on dit : un point n'est jamais perdu même quand il tombe un dimanche soir dans un nid d'abeilles.

Je vais dire les choses telles qu'elles doivent être dites : oui, je suis d'avis, l'Afrique du Sud constitue un moment de débilité historique, les Occidentaux le savent puisqu'ils sont passés par là et font des pieds et des mains pour ne pas y retourner et je peux étendre mes draps jusqu'aux confins du continent en faisant deux ou trois petits quarts de tour discrets en Afrique Centrale, un territoire brodé de richesses comme un Américain bardé de graisse et de viande.

Et qu'y voit-on ? Un peuple – dont je fais partie même si je vis en Occident – qui rase les murs, bouteilles de bière et de vin à la main, matin et soir en chantonnant des ritournelles d'autrefois, une grappe d'intellos rompus aux techniques de verbiage creux et contagieux dont le vacarme ne peut même pas arrêter des caravanes lorsque nos chiens aboient, un îlot d'hommes affairés qui tirent les ficelles en même temps que nos tyrans. Ils se disputent les chinois, les Américains, les Flamands, les Bretons. Comme les sans-sou parisiens (immigrés ou non) se disputant chaque soir le meilleur GREC du coin ! Ils se bousculent aux portillons en se donnant des coups de gueule dans le froc. Et tout ça pour se caler le ventre et ensuite pérorer au téléphone : Oui, allo, mon frère, je suis à Paris. Ah oui, je vais très bien. Quoi ? Tu as raison, mon frère, le monde va mal quoi !

Je ne doute pas de la fragilité de nos dictateurs. Je ne doute pas non plus de leur incompétence. Mais ce dont je doute c'est des réflexions du genre : « Il ne s'agit plus de rechercher qui est « démocrate » ou dictateur en Afrique. La ligne de démarcation est désormais la suivante : le démocrate paye ses impôts et rend public sa déclaration ; le dictateur – et donc le détourneur de fonds publics – ne déclare jamais ses revenus ». Comme si la complexité des mondes sulfureux de la politique pouvait se résumer à cette banalité-là. Je dis : que les intellectuels africains de la Diaspora arrêtent de simplifier l'Afrique comme si eux avaient compris les choses plus vite que les blédards. Au fond ce qu'ils pissent de haut en bas n'est que verbiage ! Guy Alexandre Sounda Pasolini
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# Posté le samedi 18 avril 2009 18:55

Modifié le jeudi 28 mai 2009 07:00

lettre fermée à mon cousin, usineur de mots et d'histoires : ALAIN MABANCKOU

lettre fermée à mon cousin, usineur de mots et d'histoires : ALAIN MABANCKOU
Cher Cousin, rendre sa déclaration d'impôts publique ne fait pas de vous un démocrate. Que non. Trop facile. Les portes de la politique ouvrent plus loin que cette formalité ordinaire. Je suis sûr que notre papa national congolais, sassou nguesso, au nom de la minable forfanterie que le monde lui connaît, serait capable de publier chaque jour ses revenus à la télévision, en prenant bien le soin de taire tous ses Biens disséminés en Europe et partout ailleurs comme des champignons de brousse.

Barak Obama ! Je ne doute pas de la sincérité de l'homme. Je ne doute pas non plus de la profondeur et la pertinence de son action. Son passage à la Maison-Blanche laissera des traces inaltérables, sur lesquelles beaucoup essayeront de se (re) construire. Et ce geste, au vu de ce qui se passe au Congo, pour ne citer que ce pays-là, vaut bien son pesant de pétrole. Mais je n'en ferais pas une référence. Car derrière la transparence supposée de l'Amérique et ses cousins occidentaux, se cache la honteuse politique de manipulation au nom des intérêts géostratégiques, des intérêts dont l'enjeu dépasse un million de caisses de revenus familiaux. Et n'oublions pas que derrière cette culture de transparence et de démocratie supposée ou réelle, l'occident nous a pondu des monstres tropicaux comme Mobutu ou Bongo. Ça tout le monde le sait. Alors ?

Par ailleurs, sur le fait qu'on te reproche très souvent de ne pas prendre concrètement position sur les questions politiques africaines (eh ! certains vont jusqu'à te prendre pour un gratteur de poil perché sur un nuage de poussière) et particulièrement sur les lamentables inepties de la politique congolaise, je ne vois en quoi hélas cet article vient modifier la chose. Papoter autour d'un sujet générique, à l'exemple de celui-ci, quoique important dans la mesure où il pourrait donner des idées neuves à ceux qui voudront bien se sentir concernés et faire changer quelques comportements, peut être perçu comme une prise de position claire et assumée. De même adresser « une lettre fermée » à un chef d'Etat, comme Sassou N'guesso, sur tel ou tel autre pépin national, quelle que soit sa gravité, ne peut pas être interprété comme une prise de position. On dit : les oreilles d'un chef d'Etat n'ont pas d'oreilles quand il se retrouve entre quatre murs. Et puis de toute façon, un type comme lui, s'en fiche qu'on lui dise ce qu'il ne va pas dans le pays puisqu'il le sait mieux que tout le monde. Une prise de position politique particulièrement, pourvue qu'elle soit rationnelle et raisonnable, n'est constructive que si elle tombe dans les oreilles de l'opinion publique. Un peu comme un caillou que l'on jette dans un bassin. C'est le remous qui importe et non les mots. Ils n'ont jamais eu d'effet sur nos papas nationaux.

Mais bon, on ne peut pas non plus te demander ta casquette. Écrire comme tu le fais si bien, c'est déjà beaucoup. Parler de ton continent, comme tu en parles, avec tes mots multicolores, de quelque manière que ce soit, c'est l'essentiel. Car prendre position à visage découvert c'est un peu comme ce type qui marche et qui se voit obligé de guigner dans les moindres coins toutes les six secondes. C'est un voyage dont on revient difficilement. Beaucoup en ont fait les frais. Il faut être une sardine sans tête. À l'exemple de Franklin Boukaka. Sony Labou Tansi. Tchicaya U Tam'si. Et les sardines sans tête, dieu seul sait qu'on en fabrique pas tous les jours à Ouénzé...

Mais, quoiqu'il en soit, je dis ceci tout simplement : plutôt que de te complaire dans ton rôle de “gratteur de poil perché sur son nuage de poussière” et nous sortir des inepties du genre “ah oui, sassou nguesso, notre soudard national, est attentif au problème de la jeunesse et de la culture de son pays, (ce qui n'est pas vrai pour un sou) puis nous pondre jusqu'au fond de la bouteille des points de vue lamentablement impersonnels (dus sans doute à ton incapacité ou ta peur et que sais-je encore d'appeler le chat de Mpila par son vrai nom ?) sur telle ou telle autre galère congolaise, j'aurais mille fois préféré te voir t'occuper définitivement de tes bouquins dont la pertinence jugée et confirmée font toute notre fierté ! [

Commentaire Article "Votre président déclare-t-il ses revenus et paye-t-il ses impôts ?" de Alain Mabanckou. Blog de l'auteur : http://lecreditavoyage.com

# Posté le samedi 18 avril 2009 15:29

Modifié le samedi 30 mai 2009 08:37